Pourquoi avons-nous tant besoin d’être aimés ?

Lorsque j’étais adolescent, dans mon quartier, je regardais souvent un groupe de jeunes Asiatiques de mon âge. Ils riaient ensemble, plaisantaient et semblaient profondément complices. En les observant, je me disais que cela devait être agréable de faire partie d’un groupe comme celui-là.

Moi aussi, j’aurais aimé être avec eux.

J’essayais parfois de m’approcher, de participer à leurs conversations, de rire avec eux, d’être un peu comme eux. J’avais l’impression de faire des efforts pour m’intégrer, mais quelque chose ne fonctionnait pas. Personne ne semblait vraiment s’intéresser à moi.

Peu à peu, je me suis mis à l’écart.
Je me suis mis à croire qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez moi.
Comme si je ne pourrais jamais faire partie de ce groupe.

Le soir, en rentrant chez moi, je ressentais un profond sentiment de rejet.
J’avais l’impression de ne pas être désiré, de ne pas être accepté, de ne pas avoir ma place.

Je ne comprenais pas ce que j’avais fait pour mériter d’être tenu à l’écart.
Je cherchais ce que j’avais pu faire de mal.

Alors, peu à peu, je me suis résigné.
J’ai cessé d’essayer de rejoindre le groupe.
Je jouais de plus en plus souvent seul, avec mes jouets.

Et je ne comprenais pas pourquoi cela me faisait si mal.

Pendant longtemps, je n’ai pas compris ce que j’avais vécu.

Je pensais simplement qu’il y avait quelque chose qui clochait chez moi.
Que si je n’arrivais pas à trouver ma place dans ce groupe, c’était forcément parce qu’il me manquait quelque chose.

Puis les années ont passé.
Et, bien plus tard, une autre forme de questionnement est apparue.

Pourquoi avons-nous tant besoin d’être aimés ?
Pourquoi le rejet peut-il faire si mal ?
Pourquoi avons-nous autant besoin d’être acceptés, reconnus, d’avoir notre place parmi les autres ?

Je n’avais pas les réponses.
Je ne savais même pas si ces questions avaient une réponse.
Je savais seulement qu’elles revenaient régulièrement en moi, comme si elles cherchaient à me montrer quelque chose que je n’avais pas encore compris.

Avec le temps, ces questions sont revenues me visiter.

Je me suis demandé pourquoi ce besoin d’être aimé pouvait parfois être aussi important dans nos vies.

Peut-être cherchons-nous simplement une place. Le sentiment d’appartenir à un groupe.

Peut-être est-ce un héritage très ancien. Lorsque je regardais des documentaires sur la nature, j’observais que beaucoup d’espèces survivent grâce au groupe.
Dans la savane, s’éloigner du troupeau, c’est souvent s’exposer au danger.

Je me suis parfois demandé si ce besoin d’appartenance, mais aussi de protection, était lui aussi inscrit profondément en nous.

Ou peut-être avons-nous simplement besoin de sentir que notre existence compte pour quelqu’un. Que nous sommes vus, reconnus, que nous avons de l’importance aux yeux d’un autre.

Je me suis aussi demandé si l’amour n’était pas la toute première expérience de sécurité que nous faisons en arrivant au monde. Avant même les mots, avant même les souvenirs, nous découvrons les bras qui nous accueillent, les regards qui se posent sur nous, la présence de celles et ceux qui prennent soin de nous.

Peut-être gardons-nous, toute notre vie, la mémoire silencieuse de cette sécurité.

Je n’en savais rien.
Je n’avais pas les réponses.
Je ne faisais qu’accumuler des questions, avec l’intuition qu’elles ouvraient peut-être une porte vers quelque chose que je ne comprenais pas encore.

Et vous…

Lorsque vous ressentez ce besoin d’être aimé, de quoi avez-vous réellement besoin à cet instant ?

D’être rassuré ?
D’être reconnu ?
D’être vu ?
D’être écouté ?
Ou de quelque chose que vous n’avez pas encore découvert en vous ?


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